Une migration de site internet est une opération importante qui peut avoir des conséquences directes sur sa visibilité dans Google.
Une refonte, un changement de nom de domaine, une nouvelle structure d’URL ou un changement de technologie peuvent modifier la manière dont les moteurs de recherche accèdent au site et interprètent son contenu.
Lorsqu’elle est correctement préparée, une migration peut cependant être réalisée en conservant l’essentiel de la visibilité acquise par le site.
L’objectif est de permettre aux visiteurs et aux moteurs de recherche de comprendre précisément où chaque ancien contenu a été déplacé.
Qu’est-ce qu’une migration de site internet ?
Le terme migration peut désigner plusieurs types de changements.
Il peut notamment s’agir :
- d’un changement d’hébergement ;
- d’un changement de nom de domaine ;
- d’un passage de HTTP à HTTPS ;
- d’une modification importante de la structure des URL ;
- d’un changement de CMS ;
- d’une refonte complète du site ;
- de la fusion de plusieurs sites.
Toutes ces opérations n’ont pas le même impact sur le référencement.
Changer uniquement de serveur en conservant exactement les mêmes URL est par exemple très différent d’une refonte qui modifie simultanément le contenu, l’arborescence et le domaine.
Pourquoi une migration peut-elle affecter le référencement ?
Google connaît un site à travers ses URL, ses contenus, ses liens internes et les liens provenant d’autres sites.
Si une page qui existait à une certaine adresse disparaît brutalement, les moteurs de recherche doivent déterminer ce qu’est devenu son contenu.
Lorsque des dizaines ou des centaines d’URL sont modifiées sans redirection, une partie de l’historique associé à ces pages risque de ne plus être correctement transférée.
Les visiteurs provenant d’anciens liens peuvent également arriver sur des erreurs 404.
C’est pourquoi une migration SEO commence bien avant la mise en ligne du nouveau site.
1. Faire l’inventaire du site existant
Avant de remplacer un site, il est important de savoir précisément ce qu’il contient.
Il faut notamment inventorier :
- les pages principales ;
- les articles de blog ;
- les fiches produits éventuelles ;
- les catégories ;
- les pages recevant du trafic ;
- les URL possédant des liens externes ;
- les contenus déjà bien positionnés dans Google.
Cet inventaire constitue la base du plan de migration.
Il évite notamment de découvrir plusieurs semaines après la mise en ligne qu’une ancienne page importante a été oubliée.
2. Ne pas supprimer automatiquement les anciennes URL
Une refonte est souvent l’occasion de simplifier un site et de supprimer des contenus devenus inutiles.
C’est une bonne démarche, mais supprimer une page ne signifie pas nécessairement qu’il faut ignorer son ancienne URL.
Il faut d’abord déterminer si cette page possède une nouvelle équivalence.
Lorsqu’un nouveau contenu reprend réellement le même sujet ou répond à la même intention, une redirection peut être pertinente.
En revanche, rediriger toutes les anciennes pages vers l’accueil uniquement pour éviter les erreurs 404 n’est pas une bonne stratégie.
3. Préparer une correspondance entre les anciennes et les nouvelles URL
L’une des étapes les plus importantes consiste à créer une correspondance entre l’ancien et le nouveau site.
Par exemple :
- ancienne page service → nouvelle page service ;
- ancien article → nouvel article équivalent ;
- ancienne catégorie → nouvelle catégorie pertinente.
Cette cartographie permet ensuite de mettre en place les redirections nécessaires de manière méthodique.
C’est notamment l’approche à privilégier lors d’une refonte complète d’un site internet.
4. Utiliser les redirections 301 lorsque l’adresse change
Une redirection 301 indique qu’une ressource a été déplacée de manière permanente vers une nouvelle adresse.
Lorsqu’une ancienne page possède une nouvelle équivalence, cette redirection permet d’envoyer automatiquement le visiteur vers la nouvelle URL.
Elle aide également les moteurs de recherche à comprendre que le contenu a changé d’adresse.
La correspondance doit être aussi précise que possible.
Une ancienne page consacrée à la création d’un site e-commerce doit idéalement être redirigée vers une page traitant réellement de l’e-commerce, et non systématiquement vers l’accueil.
5. Faut-il rediriger toutes les anciennes pages ?
Non.
Certaines pages peuvent être obsolètes et ne posséder aucun équivalent pertinent dans le nouveau site.
Dans ce cas, conserver une véritable erreur 404 peut être plus logique qu’une redirection artificielle vers un contenu sans rapport.
Il faut donc décider au cas par cas :
- conserver l’URL ;
- la rediriger vers un contenu équivalent ;
- fusionner plusieurs contenus ;
- ou laisser disparaître une ressource devenue inutile.
Une migration réussie ne consiste pas à éliminer toutes les erreurs 404 à n’importe quel prix.
6. Éviter les chaînes de redirections
Une URL peut parfois avoir déjà été redirigée dans le passé.
Lors d’une nouvelle migration, il faut éviter autant que possible une succession de redirections.
Par exemple :
Page A → Page B → Page C
Il est généralement préférable de mettre à jour la redirection afin d’obtenir :
Page A → Page C
Cette organisation simplifie le parcours des moteurs de recherche et évite des requêtes intermédiaires inutiles.
7. Conserver les URL qui n’ont aucune raison de changer
Une refonte graphique ne nécessite pas automatiquement de modifier toutes les adresses du site.
Lorsqu’une page possède déjà une URL claire, pertinente et bien référencée, il peut être préférable de la conserver.
Changer une URL uniquement pour obtenir une formulation légèrement différente apporte rarement un bénéfice suffisant pour justifier une migration.
La stabilité constitue également une qualité importante dans une architecture web.
8. Conserver les contenus qui fonctionnent déjà
Une refonte ne doit pas effacer aveuglément ce qui fonctionne.
Avant de réécrire une page, il est utile de vérifier si elle génère déjà du trafic ou possède de bonnes positions.
Son contenu peut naturellement être amélioré, mais les éléments qui expliquent sa pertinence doivent être compris avant de procéder à des modifications importantes.
Une nouvelle mise en page ne nécessite pas nécessairement une réécriture totale de chaque texte.
9. Repenser le maillage interne
Les liens internes permettent aux visiteurs de naviguer entre les différentes parties du site.
Ils aident également les moteurs de recherche à découvrir les pages et à comprendre leurs relations.
Lors d’une refonte, il est fréquent que l’arborescence change.
Il faut donc vérifier que les nouvelles pages importantes reçoivent suffisamment de liens internes et que les anciens liens ne pointent pas inutilement vers des URL redirigées.
Le nouveau site devrait idéalement utiliser directement les nouvelles adresses.
10. Vérifier les liens après la migration
Une fois le nouveau site en ligne, il faut rechercher les liens cassés.
Cela concerne aussi bien :
- les liens présents dans les textes ;
- les menus ;
- les boutons ;
- les images ;
- les liens du footer ;
- les anciens articles de blog.
Une erreur peut facilement passer inaperçue lors du développement d’un site comprenant de nombreuses pages.
11. Vérifier les balises SEO du nouveau site
Une migration ne concerne pas uniquement les URL.
Il faut également contrôler les principaux éléments SEO des nouvelles pages.
Parmi eux :
- les balises title ;
- les meta descriptions ;
- les titres H1 ;
- la structure H2/H3 ;
- les balises canonical ;
- les directives d’indexation.
Une erreur de configuration peut parfois empêcher l’indexation d’une partie importante du nouveau site.
Ces éléments devraient donc être intégrés dès la conception d’un site internet optimisé pour Google.
12. Attention au mode “noindex” des sites de développement
Un site en cours de création est souvent protégé contre l’indexation afin d’éviter que Google ne référence sa version de développement.
C’est une bonne pratique pendant la phase de construction.
Mais lors de la mise en production, cette configuration doit impérativement être vérifiée.
Oublier une directive empêchant l’indexation peut rendre le nouveau site pratiquement invisible dans les résultats de recherche.
13. Générer et vérifier le sitemap XML
Le sitemap XML fournit aux moteurs de recherche une liste structurée des URL que le site souhaite faire explorer.
Après une migration, il doit contenir les nouvelles URL et ne plus référencer les anciennes pages supprimées.
Il peut ensuite être communiqué aux outils destinés aux propriétaires de sites afin de faciliter la découverte de la nouvelle structure.
14. Changer d’hébergement sans changer les URL
Un changement d’hébergement est généralement l’une des migrations les plus simples du point de vue SEO lorsque toutes les URL restent identiques.
Le site est copié vers le nouveau serveur puis le domaine est dirigé vers cette nouvelle infrastructure.
Il faut néanmoins vérifier :
- que toutes les données ont été transférées ;
- que le site fonctionne correctement ;
- que les performances sont satisfaisantes ;
- que le certificat HTTPS fonctionne ;
- qu’aucune ressource n’utilise encore l’ancien environnement.
Le choix de la nouvelle infrastructure est abordé dans notre guide pour choisir un hébergement web.
15. Changer de nom de domaine
Le changement de domaine demande davantage de précautions puisque toutes les URL du site sont modifiées.
Il faut alors rediriger les anciennes adresses vers leurs équivalents sur le nouveau domaine.
Les liens internes, les adresses canoniques et les différentes configurations du site doivent également utiliser le nouveau domaine.
Il est généralement préférable de conserver l’ancien domaine suffisamment longtemps afin que ses URL puissent continuer à rediriger correctement les visiteurs et les moteurs de recherche.
Le choix d’une nouvelle adresse mérite donc réflexion, comme nous l’expliquons dans notre guide pour choisir un nom de domaine.
16. Passer de HTTP à HTTPS
Aujourd’hui, un nouveau site professionnel devrait utiliser HTTPS dès sa mise en ligne.
Lorsqu’un ancien site fonctionne encore en HTTP, le passage vers HTTPS modifie techniquement ses URL.
Il faut donc s’assurer que les anciennes adresses HTTP redirigent correctement vers leurs versions HTTPS et que les ressources du site sont également chargées de manière sécurisée.
Les liens internes devraient ensuite utiliser directement les URL HTTPS.
17. Tester le nouveau site avant sa mise en ligne
Une migration ne devrait pas être découverte par les visiteurs en même temps que l’équipe qui l’a réalisée.
Le nouveau site doit être testé avant le basculement.
Il faut notamment vérifier :
- la navigation ;
- les formulaires ;
- les fonctionnalités importantes ;
- l’affichage mobile ;
- les performances ;
- les pages principales ;
- les redirections prévues.
Pour un e-commerce, les tests doivent également couvrir le panier, la commande, le paiement et les différents scénarios de livraison.
18. Contrôler les erreurs 404 après la mise en ligne
Même avec une bonne préparation, certaines anciennes URL peuvent avoir été oubliées.
Il est donc utile de surveiller les erreurs 404 après la migration.
Une ancienne URL recevant encore des visites ou possédant des liens externes peut ainsi être identifiée et, lorsqu’un contenu pertinent existe, redirigée correctement.
Cette surveillance permet d’affiner progressivement le plan de redirection.
19. Suivre l’évolution du référencement
Après une migration importante, il faut surveiller l’évolution du site plutôt que considérer le travail comme terminé le jour de la mise en ligne.
On peut notamment observer :
- l’indexation des nouvelles pages ;
- les erreurs d’exploration ;
- le trafic organique ;
- les requêtes générant des impressions ;
- les principales pages d’entrée ;
- les éventuelles anomalies techniques.
Une certaine fluctuation peut se produire pendant que les moteurs de recherche découvrent et retraitent la nouvelle structure.
L’important est surtout de pouvoir détecter rapidement un problème anormal.
20. Faut-il changer simultanément le design, les URL et les contenus ?
Plus une migration cumule de changements, plus son analyse devient complexe.
Changer simultanément le domaine, toutes les URL, l’arborescence, les contenus et la technologie rend également plus difficile l’identification de la cause d’un éventuel problème.
Cela ne signifie pas qu’une refonte complète est impossible.
Elle doit simplement être préparée avec davantage de méthode et en conservant autant que possible les éléments qui ont déjà démontré leur valeur.
Migration et refonte : une occasion d’améliorer le site
Préserver le référencement ne signifie pas reproduire toutes les imperfections de l’ancien site.
Une migration peut au contraire être l’occasion de simplifier une architecture devenue confuse, fusionner des contenus similaires, améliorer les performances et supprimer des pages devenues inutiles.
Le principe est de savoir précisément ce que l’on modifie et pourquoi.
Une refonte de site internet bien préparée permet ainsi de moderniser le site tout en préservant ses principaux acquis.
Notre méthode pour une migration de site
Lors d’une refonte, nous commençons par analyser l’existant avant de construire la nouvelle architecture.
Les URL importantes sont identifiées, les correspondances avec le nouveau site sont préparées et les redirections nécessaires sont mises en place au moment de la migration.
Le nouveau site est ensuite contrôlé après sa mise en ligne afin d’identifier d’éventuelles URL oubliées ou erreurs techniques.
Cette approche permet de traiter la migration comme une partie intégrante du projet de création ou de refonte d’un site internet, et non comme une correction effectuée après coup.
Questions fréquentes sur la migration d’un site
Une refonte fait-elle perdre le référencement Google ?
Pas nécessairement. Une refonte correctement préparée peut conserver les URL importantes ou mettre en place des redirections vers leurs nouveaux équivalents. Le risque augmente surtout lorsque la structure est modifiée sans tenir compte de l’ancien site.
Combien de temps faut-il conserver les redirections 301 ?
Lorsqu’une ancienne URL a définitivement été remplacée par une nouvelle, il est généralement préférable de conserver sa redirection durablement plutôt que de la supprimer rapidement.
Doit-on rediriger toutes les erreurs 404 vers l’accueil ?
Non. Une page réellement supprimée et sans équivalent pertinent peut rester en 404. Une redirection doit mener vers une ressource qui correspond réellement à l’ancienne page.
Changer d’hébergeur fait-il perdre son SEO ?
Un simple changement de serveur ne devrait pas modifier les URL du site. Si la migration est correctement effectuée, le changement d’hébergement peut donc être réalisé sans transformer l’architecture du site.
Peut-on changer de nom de domaine sans perdre tout son référencement ?
Oui, mais la migration doit être préparée avec soin. Les anciennes URL doivent notamment être mises en correspondance avec leurs nouvelles versions et redirigées correctement.